Immigration : l’énième épisode du Donald Trump show

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Nous étions tous prévenus dès le début des intentions de Donald Trump. Pendant la course à la Maison-Blanche, l’homme s’était distingué par des déclarations à l’emporte-pièce et des vulgarités sidérantes.

Poussé par une superbe délirante, il avait quasiment regardé le monde entier de haut. Une attitude digne d’un enfant gâté, convaincu que tout est permis.

Il dépasse en facéties l’Ougandais Idi Amin Dada, « dernier roi d’Écosse », et peut-être en mégalomanie Bokassa Ier, empereur de Centrafrique. Trump est maître en gouaille. Rien ne le différencie, en la matière, d’un certain Rodrigo Duterte, président des Philippines, qui a traité publiquement Barack Obama de « fils de pute ».

Il n’est donc pas étonnant que Trump interdise l’accès aux États-Unis aux ressortissants de sept pays essentiellement musulmans. Évidemment, pour le président américain, tous les musulmans sont des salafistes jihadistes, des terroristes qui menacent la sécurité de son pays. Ignorance ou discrimination bien élaborée ?

Mais le milliardaire au pouvoir n’avait pas imaginé un seul instant qu’une partie de ses compatriotes s’opposeraient à son décret. Ni qu’un juge fédéral suspendrait l’exécution d’une mesure considérée comme anticonstitutionnelle. Ni qu’une cour d’appel saisie confirmerait la suspension. Premier revers ou incident de parcours ? Attendons de voir.

Une Amérique de « Peaux-Rouges »

Donald Trump a sans doute oublié que les États-Unis actuels n’appartenaient pas aux « visages pâles », mais aux « Peaux-Rouges ». Les Européens y sont arrivés en fuyant les persécutions, les guerres de religion, la misère et d’autres maux qui sévissaient dans leurs pays. Ils ont ensuite importé des esclaves du continent africain. Et exterminé les indigènes, dont les descendants vivent aujourd’hui dans des réserves tels des animaux.

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Ebola : près des deux tiers des infections auraient pu être évitées en Afrique de l’Ouest, selon une étude

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Selon une étude publiée lundi dans les Comptes rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS), environ 3% seulement des personnes infectées par le virus Ebola ont été responsables de 61% de toutes les contagions en Afrique de l’Ouest

L’épidémie d’Ebola en 2014 a été d’une ampleur sans précédent en Afrique. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 11 310 personnes au total y ont succombé. Mais près de trois ans plus tard, la publication d’une étude menée par une équipe de chercheurs américains et britanniques laisse quelque peu pantois. Car le résultat est édifiant : environ 3% seulement des personnes infectées par le virus Ebola ont été responsables de 61% de toutes les contagions.

Autrement dit, il aura suffi de l’infection de quelques personnes pour que le virus se répande sur toute une partie de l’Afrique de l’Ouest, faute d’avoir pu identifier ceux que l’étude appelle les « super-propagateurs ».

« Ces super-propagateurs jouent un rôle plus important qu’initialement estimé »

Aujourd’hui, les scientifiques estiment qu’une meilleure compréhension de ces « super-propagateurs » du virus aurait permis de mieux les cibler et d’intervenir plus efficacement plutôt que de concentrer tous les efforts sur l’ensemble des populations. Pire, selon les chercheurs, si ces « super-propagateurs » avaient été complètement identifiés, près des deux tiers des infections auraient pu être évitées.

« Nous voyons désormais que ces super-propagateurs jouent un rôle plus important qu’initialement estimé », relève Benjamin Dalziel, professeur de biologie à l’Université d’État d’Oregon, principal co-auteur de l’étude. Il explique que les données sur l’épidémie provenaient essentiellement des malades dans les centres de soins et peu du reste de la population.

Enfin, l’équipe de scientifiques conclut que ces personnes, dans le cas de la flambée d’Ebola en 2014, appartenaient à un certain groupe d’âge et se trouvaient davantage parmi les populations que dans les centres de traitement. Ils ont ainsi continué à propager l’infection après qu’un grand nombre des premières personnes malades eurent été emmenées dans les centres de soins où la transmission était beaucoup mieux contrôlée.

Moi, Abdoulaye Diallo, migrant de passage à Gao, j’ai quitté la Guinée avec 152 euros pour l’Europe

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L’Office international des migrations estime à 1500 le nombre d’hommes et de femmes qui passent par Gao chaque mois pour rejoindre l’Europe via l’Algérie. Abdoulaye Diallo est l’un d’entre eux. Il nous raconte son périple depuis la Guinée, sans trop savoir ce qui l’attend.

« Je m’appelle Abdoulaye Diallo. Je suis né à Nobé, dans la région de Mamou, en Guinée. J’ai 21 ans, et je veux aller en Allemagne ou en Italie pour travailler, gagner beaucoup d’argent et revenir au pays afin d’ouvrir un magasin de commerce et aider ma famille.

Je suis arrivé à Gao le 23 décembre et j’attends de pouvoir partir en Algérie.

Tout a commencé le 16 décembre, à Kourémalé [dernier poste frontière entre la Guinée et le Mali, ndlr]. Mon père m’avait accompagné là [à 550 km de chez eux] et, avant la frontière, il a changé 1,8 millions de francs guinéens (152 euros) en francs CFA avant de me remettre cette somme. Puis il m’a dit que l’espoir de la famille reposait sur mes épaules. Je lui ai dit au revoir.

Comme je ne suis pas malien, j’étais obligé de payer 1 000 F CFA à chaque contrôle.

Après la frontière, du côté malien, j’ai pris un minibus et j’ai roulé vers Bamako [125 km, ndlr].

À Bamako, j’ai dormi dans la cour d’une gargote en attendant que d’autre migrants guinéens me rejoignent pour continuer la route. Je payais 250 F CFA chaque nuit, 25 à 50 FCFA à chaque fois que je voulais aller aux toilettes.

Quatre jours plus tard, un autre Guinéen est arrivé. Je lui ai proposé de faire la route ensemble et il a accepté. Nous avons pris le bus pour Gao [1 200 km au nord de Bamako].

Le chemin a été long. Les premiers contrôles de routes et tracasseries de police ont vite commencé. Comme je ne suis pas malien, j’étais obligé de payer 1 000 F CFA à chaque poste de contrôle sur la route. Et 150 km avant d’arriver à Gao, notre bus est tombé en panne.

On a passé deux nuits sur la route avant qu’il ne soit réparé. Pendant la nuit, le froid me réveillait. Heureusement que les responsables du bus laissaient le feu allumé. Je m’en approchais pour me réchauffer jusqu’au matin.

Mon rêve, c’est d’aider mon père.

Je suis à Gao depuis le 23 décembre. Quand je suis arrivé à la gare, j’ai été contacté par un homme qui m’a expliqué qu’il pourrait m’amener chez quelqu’un qui pourra m’aider à aller en Algérie. Maintenant j’attends de ses nouvelles.

Mon père m’appelle sans cesse pour prendre de mes nouvelles. Moi, je n’ai pas fait de grandes études. J’ai préféré quitter l’école pour prendre le chemin de l’exil. Mon père est âgé, il a 75 ans et il n’a pas d’argent. C’était difficile de voir les autres amis bien habillés. Ils arrivaient sur des motos à l’école, alors que moi, j’avais du mal à avoir des tenues pour aller en classe. Face à cette situation, j’ai décidé de quitter la famille pour aller travailler en Europe.

Mon père me soutient beaucoup et m’encourage à supporter les difficultés de la route. Mon rêve, c’est d’aider mon père. »

Le smartphone de Donald Trump l’expose-t-il à des risques de piratage ?

CYBERSÉCURITÉ. Le nouveau président élu américain, Donald Trump, tweete plus vite que son ombre, gérant joyeusement ses affaires de politique internationale directement sur les réseaux sociaux depuis son smartphone. Un style qui dénote… mais surtout poserait un problème de vulnérabilité face aux menaces de piratage : le smartphone du président serait un terminal Android non-sécurisé, aurait-il révélé lors d’une interview accordée au New York Times. Un modèle identifié par le site spécialisé AndroidCentral comme un Samsung Galaxy S3. Or il y a comme un couac : le système d’exploitation (Android 4.3 Jelly Bean) de ce modèle, qui a aujourd’hui près de 5 ans, n’est plus mis à jour face aux failles de sécurité depuis mi 2015, une éternité dans le monde de la sécurité informatique.

Un smartphone présidentiel insuffisamment sécurisé ?

D’ordinaire, les téléphones portables utilisés par les présidents américains doivent répondre aux standards de sécurité élaborés par les services secrets. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Barack Obama a dû se séparer de son Iphone pendant la durée de ses deux mandats présidentiels, pour le remplacer par un smartphone plus sécurisé, expurgé de toute application présentant un risque de sécurité. Une mesure de sécurité à laquelle Trump ne se serait pas conformé.

Continue-t-il de se servir de son Galaxy S3, ou l’a-t-il finalement remplacé par le smartphone sécurisé qu’on lui a tout d’abord proposé ? Dans le premier cas, il pourrait s’agir d’un risque de sécurité majeur pour le pays. « En tant que produit grand public, ce smartphone présente nécessairement des vulnérabilités », écrivait ainsi sur son blog l’expert en cybersécurité Bruce Schneier. « Mais ce n’est pas tant la fuite de données qui m’inquiète : c’est le fait que le smartphone soit équipé d’un micro et puisse se transformer en mouchard à la barbe de tout le monde. »

PIRATAGE, MODE D’EMPLOI. « N’importe qui pourrait s’attaquer à ce terminal, des hackers solitaires aux agences de renseignement nationales », avertit Bruce Schneider. En fait, il est impossible de sécuriser entièrement un terminal dès lors qu’il échange des informations par des applications extérieures non vérifiées : chaque jour, on découvre de nouvelles failles de sécurité non corrigées (appelées zero day vulnerabilities). Celles-ci peuvent parfois se monnayer chèrement sur le dark web, avant même d’être connues de l’éditeur du logiciel affecté.

Comment tirer parti de ces failles ? « Il suffirait de faire cliquer la cible sur un faux lien (technique appelée « phishing »), par exemple via Twitter, exploitant la faille de sécurité pour installer une application malveillante« , expliquait au Guardian Mike Murray, vice-président de la recherche en cybersécurité mobile de la société Lookout. Une autre piste serait de mettre en ligne une fausse application sur le magasin d’applications Google Play, et de faire télécharger à la victime la version corrompue (une déconvenue subie début 2017 par une fausse application Netflix… et qui exploitait la caméra de l’appareil pour épier les utilisateurs !). Dans certains cas, ce sont même les encarts publicitaires présents sur certaines applications gratuites qui peuvent se changer en mouchard à votre insu.

Des comptes mal protégés sur les réseaux sociaux

Le smartphone n’est hélas pas le seul talon d’Achille de la cybersécurité présidentielle : en témoigne la sécurisation insuffisante du compte Twitter dédié au président des États-Unis (@POTUS), qui faisait encore, jusqu’au 21 janvier 2017, référence à des adresses Gmail privées. Problématique, lorsqu’on sait qu’il est bien plus facile de hacker une adresse courriel privée (notamment à l’aide des questions de sécurité : nom de famille de votre mère, nom de votre animal de compagnie préféré… ) qu’une adresse appartenant au domaine de la maison blanche, qui dispose a priori d’une vraie politique de sécurité en la matière.