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Santer – Tatouages: pourquoi ils peuvent être dangereux

Les encres de tatouages contiennent une centaine de pigments industriels potentiellement toxiques, qui n’ont jamais été destinés à l’usage humain.

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15 % des Français sont tatoués, dont 25 % chez les moins de 30 ans, mais les médecins dé-tatoueurs sont de plus en plus sollicités pour cause d’effets secondaires, même si le traitement au laser est long, douloureux, coûteux et parfois inefficace.

Les couleurs doivent être stables, indélébiles… et non toxiques. Sutherland Macdonald, considéré comme le grand maître occidental du tatouage, aurait le premier ouvert la palette des tatoueurs en ajoutant six couleurs au bleu indigo, l’encre de Chine de base, non sans les avoir d’abord testées sur son propre corps. À Londres, en pleine Angleterre victorienne, son salon de tatouage attira les têtes couronnées de toute l’Europe, et cette nouvelle profession s’avéra si populaire qu’on créa en 1894 le mot «tattooist» (tatoueur)! Mais les pigments naturels, une fois appliqués sous la peau, ne résistaient pas au temps, entraînant un vieillissement prématuré du tatouage et un effacement des couleurs. Ainsi apparurent les encres chimiques.

De quoi sont composées les encres de tatouage?

Parmi la centaine de colorants répertoriés dans les encres de tatouage, on trouve aujourd’hui pas moins de 126 structures chimiques différentes, que l’industrie chimique n’a jamais destinées à un usage humain. Ces pigments industriels ont en effet été conçus pour la teinture des tissus, des plastiques, les encres d’imprimantes, voire des peintures automobiles!

On ne s’étonnera donc pas d’y trouver des hydrocarbures aromatiques polycycliques, autrement dit des résidus de charbon, pétrole et autres carburants, mais aussi, de plus en plus, des pigments azoïques, nouveaux colorants de synthèse mis au point sous forme de laques afin d’être utilisés en peinture industrielle pour fabriquer des rouges, des jaunes, des oranges et des bruns. Sans oublier les métaux lourds (chrome, nickel, cuivre et cobalt, mais aussi titane et fer), plus divers ingrédients pour stabiliser les mélanges. C’est le cas, en particulier, de la paraphénylènediamine, un additif très allergisant du henné noir, susceptible de déclencher, même des années plus tard, de nouvelles allergies de contact, d’où son interdiction en France.

Des risques pour la santé

La plupart de ces pigments sont connus depuis longtemps pour leurs propriétés hautement toxiques quand ils sont inhalés, ingérés ou introduits dans l’organisme. Le tatouage est au moins aussi toxique, sinon plus, dans la mesure où il permet aux fines poudres industrielles colorées à la fois de s’infiltrer dans le sang à travers le derme et de provoquer des réactions chimiques sur toute la surface de l’épiderme.

Outre des allergies, on observe en effet des inflammations chroniques, voire une photosensibilité induite, en particulier avec les encres rouges, les plus toxiques du fait de la présence de sulfure de mercure dans leur composition. Ce sont aussi celles qui résistent le plus au laser dé-tatoueur, de même que le bleu, le vert et le violet, également plus inflammatoires que la simple encre noire. Même si le noir n’est pas facile à effacer quand il est trop profondément incrusté. Au risque d’effets indésirables potentiellement graves.

Le dioxyde de titane, qui sert de base à certaines couleurs, pourrait même s’avérer cancérigène. Grâce aux rayons X du synchrotron de Grenoble, on vient de constater que des pigments de tatouage peuvent migrer sous forme de nanoparticules dans les ganglions lymphatiques. Avant de se faire tatouer, ne faudrait-il pas, outre les normes sanitaires, vérifier aussi la composition chimique des couleurs utilisées?

Des réglementations différentes selon les pays

En 1938, c’est un mascara permanent, le Lash Lure, responsable de cécité et de décès, qui a incité l’administration sanitaire américaine à étendre ses contrôles aux cosmétiques. Mais les encres de tatouage, dont les États-Unis ont le quasi-monopole de la fabrication et de la commercialisation, ne sont toujours pas sous contrôle.

En Europe, leur fabrication relève en principe de règles de bonnes pratiques sur la base de «ce qui n’est pas bon sur la peau n’est pas bon dans la peau», mais les pratiques réglementaires changent d’un pays à l’autre et aucune loi ne permet actuellement le moindre contrôle. Même si les autorités européennes ont déjà alerté sur environ deux tiers des encres d’origine américaine et même si l’on sait qu’il faut particulièrement se méfier de celles en provenance d’Asie, rien ne permet de vérifier l’origine de ce qu’on trouve sur Internet.

Les additifs ne sont pas en reste ; il a été démontré, par exemple, que les 229 encres utilisées en Suisse contiennent de la benzoisothiazolinone, un antiseptique connu pour provoquer des allergies cutanées, et 7 % du formaldéhyde, classé carcinogène. Or, sur 38 industriels consultés par les autorités européennes, 7 seulement, des Italiens et des Allemands uniquement, ont révélé la composition de leurs encres.

Comme l’a récemment recommandé l’Académie nationale de pharmacie, il faudrait standardiser les études toxicologiques pour prévoir notamment comment, selon son type de peau, une personne réagira à telle ou telle encre. On sait seulement aujourd’hui qu’elles sont toutes toxiques à coup sûr, ce qui n’empêche pas de se faire tatouer… Tout en refusant de se faire vacciner au prétexte de la présence d’aluminium, dont la toxicité comme adjuvant n’est pas formellement démontrée.

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