Trump: cette fois sera-t-elle la bonne?

Le président Donald Trump écoute une jeune femme s'exprimer.

Colère, incompréhension, révolte se lisaient sur tous les visages de ces proches anéantis par ces fusillades insensées. La douleur ne semble jamais quitter ces gens qui ont vécu Columbine, Sandy Hook ou Parkland.

Cette mise en scène de l’administration Trump ressemblait à une séance de thérapie collective, où tous remerciaient à tour de rôle le commandant en chef pour sa compassion. Mais l’heure n’est plus aux bons sentiments aux États-Unis. Les Américains exigent des changements.

Environ 66 % des gens sondés par le réseau de télévision NBC, mardi, souhaitent des lois plus strictes en matière d’armes à feu. Un bond de 20 % comparativement à décembre 2015. De plus, 67 % sont en faveur de l’interdiction des armes d’assaut. Les politiciens auraient tort de penser que ces fusillades à répétition laissent la population indifférente.

Ces mères et ces pères n’en peuvent plus de vivre dans un pays où des tueurs assassinent leurs filles et leurs fils dans leur salle de cours. Ils n’en peuvent plus de l’impuissance des politiciens incapables de tenir tête à la National Rifle Association (NRA), le puissant lobby des armes qui finance les campagnes électorales et contrôle l’opinion publique.

Éviter le malaise

Mais très peu de ces parents réunis à la Maison-Blanche ont osé évoquer l’interdiction des armes d’assaut, ces armes de guerre utilisées dans la plupart de ces fusillades meurtrières. Avaient-ils été triés sur le volet pour éviter la controverse et le malaise que suscite toujours cette idée auprès des républicains?

« Je suis écoeuré », a crié un père en deuil de sa fille morte aux mains de Nikolas Cruz. « Les aéroports, les stades, les édifices publics sont tous protégés. Il y a longtemps, a-t-il ajouté, que nos écoles auraient dû faire l’objet de mesures de sécurité. » Mais, ce parent éploré n’a jamais proposé de restreindre la vente d’armes semi-automatiques. Comme si le sujet était tabou.

Quoi qu’il en soit, le président a conclu la rencontre en proposant d’armer les professeurs et le personnel des écoles. Une suggestion fort controversée et à laquelle un professeur présent s’est rapidement opposé.

Les Américains semblent sur un pied de guerre face à ces tueries qui n’en finissent plus. Les jeunes, surtout, expriment haut et fort leur dégoût. Ils exigent que les politiciens passent à l’action et limitent la vente, entre autres, de ces AR-15 qui ont encore servi la semaine dernière en Floride.

Mais plus personne ne se fait d’illusion aux États-Unis sur un contrôle plus sévère des armes à feu. Qui ne se souvient pas de l’horreur de Sandy Hook où une vingtaine d’enfants de la maternelle avait lâchement été abattus en décembre 2012, quelques jours avant Noël. On disait alors que si ce drame atroce ne pouvait faire plier les plus durs, rien au monde n’y arriverait.

Le président Trump tient son aide-mémoire.

« Je comprends ce que vous me dites », peut-on lire, parmi d’autres notes utilisées par Trump lors de sa rencontre avec les proches des victimes deParkland Photo : The Associated Press/Carolyn Kaster

De minces chances

Est-il donc permis d’espérer que cette fois-ci sera la bonne? Avec un président, un Sénat et une Chambre des représentants républicains, les chances sont minces de voir Washington régler ce grave problème de société qui ridiculise les États-Unis dans le monde entier.

Donald Trump promet tout de même de s’attaquer à la crise de santé mentale, première cause, selon lui, de ces tueries. Mais, il y a quelques semaines, il annulait un règlement adopté par l’ex-président Obama qui aurait empêché au moins 75 % des gens atteints de problèmes mentaux de se procurer une arme.

Le président s’engage aussi à bannir le dispositif qui permet à certaines armes de tirer encore plus de balles. Trump songe également à faire passer l’âge pour acheter des armes semi-automatiques de 18 à 21 ans.

Bref, le chef de la Maison-Blanche veut donner l’impression qu’il s’attaque sérieusement au problème. La rencontre avec les parents des victimes, mercredi, est venue renforcer cette perception.

Mais Donald Trump et ses collègues républicains savent qu’ils ont les poings et les mains liés par la NRA, qui a investi 30 millions de dollars en 2016 pour appuyer l’actuel président. Ce dernier a d’ailleurs promis qu’il ne les abandonnerait jamais.

Trump aura-t-il, malgré tout, le courage de restreindre la vente de ces armes extrêmement dangereuses, et les membres du Congrès oseront-ils le suivre?

Si le passé est garant de l’avenir, républicains tout comme certains démocrates feront très peu pour protéger leurs concitoyens contre ces tueries. La peur de se faire couper les vivres par la NRA sera toujours plus forte que celle de voir, un jour, un des leurs tomber sous les balles.

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Auteur : 24hmagazine

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