Aucune preuve que les animaux ressentent l’imminence d’un séisme

Pour en arriver à cette conclusion, des sismologues allemands de l’Université de Potsdam ont examiné 180 articles scientifiques concernant le comportement animal lié aux tremblements de terre.

Illustration d'un sismographe.

Dans ces articles, le moment des événements précurseurs variait de quelques mois à quelques secondes avant les secousses sismiques, et les distances allaient de quelques kilomètres à des centaines de kilomètres.

Les personnes qui défendent la capacité des animaux à prédire des tremblements de terre prétendent que ceux-ci ressentent les petits changements dans certains paramètres environnementaux et physicochimiques liés au processus géologique menant aux tremblements de terre, et qu’ils y réagissent anormalement.

Dans les présents travaux, pas moins 729 observations de comportement de 130 espèces animales liées à 160 tremblements de terre ont été étudiées.

Les chercheurs ont entre autres analysé les relations entre la magnitude et la distance, l’activité des animaux, mais aussi la qualité et la longueur des observations publiées dans les articles.

Pas très concluant

L’une des difficultés observées par les chercheurs dans leur analyse systématique et statistique des travaux de recherche menés à ce jour sur le phénomène est la grande diversité des données, qui sont souvent anecdotiques et rétrospectives. Selon eux, la plupart des « preuves » se composent d’observations qui n’ont pas été testées rigoureusement.

En outre, les chercheurs affirment qu’il existe d’importants manquements dans de nombreux rapports publiés sur d’éventuels comportements annonciateurs de séismes chez les animaux.

Certains comportements pourraient être, selon les auteurs de la présente étude, liés à des phénomènes physiques d’un événement sismique déjà en cours, mais peu perceptibles pour les humains.

Quoi qu’il en soit, pour réussir à établir un lien, les prochaines études devraient inclure une définition quantitative plus stricte de ce qui constitue un comportement animal inhabituel ou anormal, ainsi qu’une explication physique de ce changement, notent les auteurs de cette analyse publiée dans le Bulletin of the seismological society of America.

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Le télescope spatial Hubble de la NASA a permis d’observer l’étoile individuelle la plus éloignée de notre système solaire à ce jour.

Selon la NASA, cette étoile – de type supergéante bleue – est située à 9,3 milliards d’années-lumière de la Terre. Elle nous apparaît sous la forme qu’elle avait lorsque l’Univers n’en était environ qu’au tiers de son existence. Par comparaison, le big bang, qui a donné naissance à l’Univers, s’est produit il y a 13,8 milliards d’années.

Icarus est l'étoile individuelle la plus lointaine jamais observée.

Icarus est l’étoile individuelle la plus lointaine jamais observée.  Photo : NASA/ESA/P. Kelly

Cette étoile est officiellement enregistrée sous le nom de MACS J1149 + 2223 Lensed Star-1, mais ses découvreurs l’ont surnommée Icarus.

C’est la première fois que nous voyons une étoile individuelle amplifiée.

Patrick Kelly, de l’Université du Minnesota

Habituellement, la luminosité de ce type d’étoile est beaucoup trop faible pour que les télescopes terrestres puissent les détecter, malgré le fait que celles-ci soient jusqu’à un million de fois plus lumineuses et environ deux fois plus chaudes que notre Soleil.

Mais grâce à une bizarrerie de la nature – le phénomène de lentille gravitationnelle –, le télescope spatial Hubble a repéré cette étoile lointaine et par le fait même établi un nouveau record de distance.

L’étoile Icarus est devenue assez brillante pour être détectée par Hubble grâce à un processus appelé lentille gravitationnelle.

Jose Diego, Institut de physique de Cantabria, en Espagne

Qu’est-ce qu’une lentille gravitationnelle?

Ce phénomène agit un peu comme une loupe astronomique. D’après la relativité générale d’Einstein, une distribution de masse dévie les rayons lumineux qui passent à proximité. Cette technique permet aux astronomes d’étudier des étoiles individuelles dans les galaxies lointaines.

Dans le cas présent, l’étoile n’est visible que parce qu’elle est amplifiée par la gravité d’un amas massif de galaxies situé à environ 5 milliards d’années-lumière de la Terre. Cet amas, appelé MACS J1149 + 2223, est illustré à gauche, sur l’image qui accompagne le présent texte. Il se trouve entre la Terre et la galaxie spirale lointaine qui comprend Icarus.

Cette étoile est au moins 100 fois plus éloignée que les autres astres précédemment observés, à l’exception de certaines supernovae, des explosions d’étoiles en fin de vie.

Patrick Kelly, Université du Minnesota

En outre, des galaxies plus anciennes ont déjà été observées, mais jamais dans le détail d’étoiles individuelles.

La détection d’Icarus a aussi permis de tester la théorie de la matière noire et de sonder la composition de l’amas de galaxies au premier plan.

Le détail de cette découverte est publié dans la revue Nature Astronomy.

De l’activité à la surface de Cérès

La planète naine Cérès.

Deux études publiées dans la revue Science Advances sont consacrées à Cérès, un astre d’un diamètre d’environ 950 kilomètres considéré comme l’objet le plus gros et le plus massif de la ceinture principale d’astéroïdes, située entre les orbites des planètes Mars et Jupiter.

Une première recherche révèle l’abondance de glace sur le flanc nord du cratère Juling, situé dans l’hémisphère sud de la planète naine découverte en 1801 par Giuseppe Piazzi et qui porte le nom de la déesse romaine Cérès.

La glace a été détectée sur le flanc nord du cratère Juling, qui est dans l'ombre presque de façon permanente.

La glace a été détectée sur le flanc nord du cratère Juling, qui est dans l’ombre presque de façon permanente.  Photo : NASA

Des observations effectuées entre avril et octobre 2016 par un spectromètre embarqué sur Dawn montrent une augmentation de la quantité de glace sur la paroi du cratère.

Il s’agit de la première détection directe d’un changement à la surface de Cérès.

Andrea Raponi, de l’Institut d’astrophysique et de science planétaire d’Italie

« La combinaison entre le mouvement de Cérès (qui se rapproche du Soleil durant son orbite) et les changements saisonniers déclenche l’émanation de vapeur d’eau de son sous-sol, » explique M. Raponi.

« Celle-ci se condense ensuite sur la paroi froide du cratère, ce qui provoque une accumulation de la quantité de glace exposée. »

Le réchauffement de cette glace pourrait ensuite causer des glissements de terrain sur les parois du cratère qui exposent des plaques de glace fraîche.

De précédents travaux avaient montré l’existence sur Cérès d’une croûte d’environ 40 km d’épaisseur, riche en eau, en sels et, peut-être même, en matières organiques.

Ce que la sonde Dawn nous a appris sur Cérès :

  • Elle possède une forme sphérique, à la différence des corps plus petits de la ceinture principale d’astéroïdes qui sont de formes irrégulières;
  • Sa surface est probablement composée d’un mélange de glace d’eau et de divers minéraux hydratés;
  • Elle a un noyau rocheux et un manteau de glace;
  • Elle pourrait héberger un océan d’eau liquide;
  • Elle est entourée d’une atmosphère ténue contenant de la vapeur d’eau.

Une seconde étude montre d’autres changements récents à la surface de la planète naine avec l’apparition de matériaux nouvellement exposés.

D’autres travaux avaient révélé la présence de carbonates à sa surface, des minéraux qui seraient apparus dans un océan global aujourd’hui disparu.

Le fond du cratère Juling montre les traces du mouvement des glaces et de la roche, un peu comme il est possible d'en trouver dans les régions polaires sur Terre.

Le fond du cratère Juling montre les traces du mouvement des glaces et de la roche, un peu comme il est possible d’en trouver dans les régions polaires sur Terre.  Photo : NASA

Le carbonate de sodium, par exemple, est retrouvé dans les régions près des cratères Occator et Oxo ainsi que celle du mont Ahuna.

L’auteur principal de l’étude, Giacomo Carrozzo, également de l’Institut d’astrophysique et de science planétaire, et ses collègues ont découvert 12 emplacements riches en carbonates de sodium. Ils ont aussi examiné en détail plusieurs zones de quelques kilomètres carrés où l’eau est présente dans la structure carbonatée.

Cette étude permet pour la première fois de détecter du carbonate hydraté à la surface de Cérès, ou de tout autre corps planétaire en dehors de la Terre. Une détection qui nous renseigne sur l’évolution chimique de la planète naine.

Giacomo Carrozzo

Selon les chercheurs, la présence de la glace d’eau n’est pas stable à la surface de Cérès, à moins qu’elle ne soit cachée à l’ombre, comme c’est le cas dans le cratère de Juling. Même réalité pour le carbonate hydraté qui se déshydraterait.

« Cela implique que les sites riches en carbonates hydratés ont été exposés en raison de l’activité récente à la surface », explique M. Carrozzo.

La grande diversité des matériaux, de la glace et des carbonates, exposés par les impacts, les glissements de terrain et le cryovolcanisme, donne à penser que la croûte de Cérès n’est pas uniforme dans sa composition.

Sa complexité serait le résultat de la congélation de l’océan originel – qui a formé la croûte – ou de moments ultérieurs, lors d’impacts importants ou d’intrusions cryovolcaniques.

Les changements dans l’abondance de la glace d’eau, ainsi que la présence de carbonates de sodium hydratés, sont une preuve supplémentaire que Cérès est un corps géologiquement et chimiquement actif. 

Cérès a été élevée en 2006 au statut de planète naine, au moment où Pluton s’est vu enlever celui de planète à part entière.

Des scientifiques croient que Cérès serait composée à 30 % d’eau, ce qui en ferait le réservoir le plus important du système solaire, après celui de la Terre.

L’eau présente sur la Terre avant la formation de la Lune

La planète aurait ainsi pu être recouverte de lacs, de rivières et d’océans beaucoup plus tôt qu’on ne l’avait estimé jusqu’à ce jour.

L’impact entre la Terre et l’autre planète se serait produit quelque 100 millions d’années après le début de la formation de notre système solaire, il y a 4,6 milliards d’années.

Représentation artistique de la collision entre deux protoplanètes qui a mené à la création du système Terre-Lune.

Représentation artistique de la collision entre deux protoplanètes qui a mené à la création du système Terre-Lune.  Photo : NASA/JPL-Caltech

Selon la théorie avancée par une équipe internationale de scientifiques, la majeure partie de l’eau ne serait donc pas apparue sur la Terre à la suite de l’impact de petits astéroïdes ou de comètes, comme on le pensait auparavant.

En fait, selon ces travaux, pas plus de 5 à 30 % de l’eau serait parvenue à la Terre par ce processus d’impact.

Le chercheur britannique Richard Greenwood, de l’Open University, et ses collègues estiment par le fait même que l’eau liquide peut subsister à la suite de collisions géantes et qu’elle pourrait ainsi être abondante sur les exoplanètes. Une réalité qui augmente la probabilité de trouver des formes de la vie au-delà de notre système, selon eux.

Comparaison Terre-Lune

Les chercheurs ont comparé la composition en oxygène des roches lunaires, issues des six missions Apollo de la NASA sur la Lune, avec les roches volcaniques du fond de l’océan sur la Terre.

Ils n’ont détecté qu’une petite différence entre les roches lunaires et les roches terrestres.

Notre analyse a montré une différence de 3 à 4 parties par million entre les concentrations isotopiques d’oxygène des roches lunaires et les basaltes terrestres, mais aucune différence significative entre les échantillons lunaires et l’olivine terrestre, un minéral courant dans le sous-sol terrestre.

Richard Greenwood, chercheur

« Cela montre la grande efficacité du mélange entre les deux planètes lors de la collision, et place des points de repère sur les matériaux qui ont pu parvenir à la Terre par la suite », ajoute-t-il.

Si la majeure partie de l’eau sur Terre était apparue après la collision, la composition en oxygène des roches lunaires et terrestres serait nettement différente. Cela suggère que l’eau liquide sur la Terre devait exister à un stade antérieur, avant l’impact de la formation de la Lune.

Nos recherches montrent que l’eau est extrêmement résistante et peut même survivre à un événement aussi catastrophique que la collision de deux planètes.

Richard Greenwood, chercheur

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Science Advances.

À lire a

Le plus grand site de sacrifices d’enfants découvert au Pérou

Des squelettes sur du sable.

Situé dans la région de La Libertad, près d’une falaise face à l’océan Pacifique, ce site funéraire contenait 140 corps d’enfants, âgés de 5 à 14 ans. Ces derniers ont été donnés à des fins de rituels de sacrifices, menés il y a près de 550 ans.

D’autres squelettes ont également été retrouvés sur ce lieu, près de la ville de Trujillo.

Les restes de 200 jeunes lamas, de moins de 18 mois, ont également été découverts, tout comme des objets utilisés dans les années 1400 à 1450.

Ces bêtes auraient été sacrifiées le même jour par des membres de la civilisation Chimu, installée à cette époque sur cette partie de la côte péruvienne.

Ces découvertes seraient les « preuves du plus grand sacrifice collectif d’enfants d’Amérique, et probablement du monde », selon la revue National Geographic, qui a relayé cette nouvelle.

« Même si des sacrifices humains ont été signalés chez les Aztèques, les Mayas et les Incas dans les chroniques espagnoles de l’ère coloniale et documentés dans les fouilles scientifiques modernes, la découverte d’un sacrifice d’enfants à grande échelle dans la civilisation précolombienne Chimu, qui est peu connue, est une trouvaille sans précédent non seulement en Amérique, mais dans le monde entier », a détaillé le National Geographic.

Les enfants ont été enterrés le visage tourné vers la mer. Les animaux, quant à eux, fixaient les Andes.

Un squelette.

Le corps d’un enfant retrouvé. Photo : The Associated Press/Gabriel Prieto

L’analyse des restes des squelettes des enfants et des animaux a montré des signes de coupure sur le sternum et de côtes disloquées. La poitrine des victimes aurait ainsi été ouverte, peut-être pour faciliter l’extraction du cœur, a mentionné la revue scientifique.

Pourquoi ont-ils été sacrifiés? Pour tenter de stopper une catastrophe naturelle qui avait causé d’importants ravages, estiment des archéologues.

« Ils voulaient probablement offrir aux dieux la chose la plus importante pour eux, et c’était les enfants, car ils représentent l’avenir », a souligné le professeur de l’Université nationale du Pérou de Trujillo, Gabriel Prieto, avant de préciser que les lamas revêtaient également une importance capitale pour cette civilisation.

Trois corps d’adulte ont aussi été retrouvés sur place.

De nombreux Sénégalais qui ont quitté leur pays en quête d’une vie meilleure retournent chez eux bredouilles, avec l’aide de l’Organisation internationale des migrations.

Six hommes assis côte à côte

Ils sont arrivés pendant la nuit en provenance du Mali à la gare d’autobus des Baux maraîchers, à Dakar. « On a quitté l’Algérie, d’autres viennent de Libye », dit l’un des Sénégalais rencontrés. « On est arrivés à trois heures du matin, mais il n’y avait personne pour nous accueillir », ajoute un autre.

Ces migrants ont été rapatriés par l’Organisation internationale des migrations (OIM), affiliée à l’ONU. Ils s’attendaient à être mieux reçus en revenant dans leur pays d’origine. « On a dormi sur le trottoir et on ne nous a rien donné à manger. »

Une rangée d'autobus et, en avant-plan, des marchandises entassées sur le sol

La gare des Baux maraîchers, à Dakar Photo : Radio-Canada/Marie-France Abastado

Jetés dans le désert

Comme eux, des dizaines de milliers de migrants africains, dont près de 3000 Sénégalais, ont été rapatriés par l’OIM en 2017.

Chaque mois, des vols de Libye et chaque semaine, des autobus en provenance du Niger arrivent à Dakar avec à leur bord des migrants qui étaient partis tenter leur chance à l’étranger.

Mais la chance n’était pas au rendez-vous. Nombre d’entre eux ont été maltraités, parfois faits prisonniers, quand ils n’étaient pas carrément refoulés dans le désert. « C’est nous qui voulions revenir, parce que l’Algérie nous a jetés dans le désert. Là, on a marché 15 km jusqu’à la ville d’Assamakka [au Niger]. On a trouvé là-bas les gens de l’OIM qui nous ont amenés jusqu’à Agadez, puis jusqu’ici », explique un migrant.

Un jeune homme nous montre une vidéo qu’il a tournée avec son téléphone alors que ses compagnons d’infortune et lui viennent d’être amenés dans le désert nigérien par les autorités de l’Algérie. Parce que l’Algérie est aussi un pays de transit pour de nombreux Africains de l’Ouest qui tentent de joindre l’Europe.

Rapatriements volontaires

Ces migrants ont donc marché 15 km dans le désert, sans eau ni nourriture. C’est dans un contexte comme celui-là qu’ils acceptent d’être rapatriés par l’OIM, qui leur promet de les aider une fois rentrés dans leur pays d’origine.

Ce jour-là, à la gare d’autobus à Dakar, ils attendent donc que les représentants de l’organisation viennent les retrouver pour leur verser une petite somme, environ 200 $.

Selon les promesses de l’OIM, ils devraient par la suite recevoir une somme plus substantielle, qui leur permettra de démarrer une petite entreprise et favorisera une réintégration durable.

Une aide qui tarde à venir

Khadri Diallo est un migrant de retour depuis quatre mois. Il vit dans le village de Saré Bourang, dans la commune de Kounkané, en Casamance.

Des cases au toit de chaume

Le village de Saré Bourang Photo : Radio-Canada/Marie-France Abastado

Il est parti de chez lui en 2007 et s’est rendu en Mauritanie, où il est resté jusqu’en 2011. « En 2012, j’ai quitté la Mauritanie et j’ai emprunté le chemin de la Libye, le chemin de la mort, lance Khadri Diallo, l’air sombre. J’avais entendu dire que je pourrais travailler là-bas et aider la famille. »

Mais Khadri n’a rien trouvé de tout ça. Il s’est plutôt fait emprisonner à trois reprises. Sa famille a dû vendre des vaches à chaque fois pour le faire libérer. Aujourd’hui, ils n’ont pratiquement plus rien.

Khadri Diallo fait partie de ceux qui ont été rescapés en mer Méditerranée, alors qu’il tentait la traversée vers l’Italie, de la Libye. Mais ce n’est pas le pire. Dans ce dénuement, Khadri a aussi le temps de repenser à tous les mauvais traitements que lui et d’autres migrants ont subis au cours de leur détention en Libye.

Khadri Diallo

Khadri Diallo, un migrant rapatrié Photo : Radio-Canada/Marie-France Abastado

On nous a gardés dans un trou pendant trois jours sans boire. J’ai vu un bébé décéder, son cadavre comme ça à côté de moi, à trois mètres. Ce que j’ai vu là-bas, parfois ça joue sur ma tête la nuit et je ne dors pas.

Khadri Diallo, un migrant rapatrié

Dans ces conditions, Khadri n’a pas eu à être convaincu par les représentants de l’OIM qu’il valait mieux rentrer dans son pays. « Ils nous ont dit qu’à notre retour dans notre pays, ils nous donneraient quelque chose et qu’ils nous feraient monter de petits projets. Ils trompent les gens sur ça, et les migrants montent dans l’avion. » Mais Khadri, lui, avait déjà pris la décision de rentrer.

À son arrivée, le migrant de 38 ans a bien eu la somme équivalente à 200 $. Mais depuis quatre mois qu’il est rentré, rien d’autre. Et s’il est conscient que le plus important, c’est qu’il soit en vie, il déplore le fait que lui et les autres rapatriés de sa commune n’aient toujours pas eu d’aide. « Dans la commune de Vélingara, il n’y a rien, rien. On est 317 rapatriés, on a formé une association, on est nombreux ici! »

Deux femmes et un jeune garçon

Des villageois de Saré Bourang Photo : Radio-Canada/Marie-France Abastado

Fort de ce nombre et des promesses de l’OIM, Khadri Diallo et d’autres rapatriés plaident régulièrement auprès des autorités et des ONG locales pour qu’on les aide, comme promis, à démarrer des projets qui leur permettraient de gagner leur vie et de soutenir leur famille.

L’aide de l’OIM, une aide ponctuelle

Dans un village en pleine brousse, nous allons rencontrer Diarga Baldé, un jeune migrant qui est de retour au Sénégal depuis trois ans et qui a pu bénéficier d’un programme de réinsertion financé par l’OIM et par l’ONG La lumière. Cette dernière vient en aide aux migrants de retour et gère les programmes de réinsertion financés par l’OIM.

Des femmes au visage triste, certaines avec des enfants dans les bras

Des femmes au village de Diarga Photo : Radio-Canada/Marie-France Abastado

Dans une vidéo tournée par l’OIM, Diarga explique que l’aide qu’il a reçue des organismes lui a permis de s’acheter un boeuf et quelques moutons. Et puis, la commune lui a octroyé une parcelle de terre qu’il s’est mis à cultiver avec l’aide de sa famille et de quelques villageois des alentours. L’ONG La lumière a également financé un système d’irrigation pour sa terre.

Diarga Baldé

Diarga Baldé  Photo : Image tirée d’une vidéo de l’OIM

Pour Mame Thierno Aidara, chef de l’ONG La lumière, l’exemple de Diarga montre qu’il est possible de réintégrer des migrants avec succès.

Mais lorsque nous arrivons à Dianguet-Doulo, Diarga n’est pas là. Il est malade et est allé s’installer au village de son oncle, plus près de la route, donc, et des points de services de santé.

En son absence, c’est son père, Aliou Baldé, qui nous reçoit. Il revient sur les raisons qui ont amené son fils à tenter l’immigration. Il reconnaît qu’il l’a encouragé et qu’il a même vendu des bêtes pour qu’il puisse partir.

La vie est vraiment, vraiment dure ici. On manque de nourriture et on n’arrive pas à faire soigner nos malades.

Aliou Baldé, le père de Diarga
Aliou Baldé

Aliou Baldé, le père de Diarga Photo : Radio-Canada/Érick Gnimadi

En fait, le père de Diarga a donné à son fils les bénéfices de toute une récolte pour assumer le coût de son départ vers la Libye. Mais au bout d’une semaine en Libye, les malheurs qui frappent souvent les migrants dans ce pays ont aussi frappé Diarga. La maison où il habitait a explosé et il s’est fait tirer dessus. Il a finalement été rapatrié au Niger, puis au Sénégal, par l’OIM avec, en plus de ses blessures physiques, un stress post-traumatique.

Après des soins physiques et psychologiques et l’aide de l’OIM et de l’ONG La lumière, Diarga s’en est sorti et s’est lancé dans ses activités agricoles. Mais depuis qu’il est tombé malade, toutes ces activités ont cessé.

Le reportage de Marie-France Abastado est diffusé le 29 avril à l’émission Désautels le dimanche sur ICI Première.

Triste fin

Nous trouvons Diarga dans le village de l’oncle, très amaigri. Le jeune homme, qui a traversé toutes les épreuves de la migration pour revenir chez lui et devenir le leader de sa communauté, a l’air mourant. Dans les circonstances, pas question donc de faire une entrevue avec Diarga. Mais il tient absolument à raconter son parcours. Son retour au Sénégal était bien volontaire et l’OIM l’a sauvé, dit-il.

Mais aujourd’hui, sa priorité, c’est sa santé. Il demande de l’aide pour se faire soigner. Il a dépensé, pour des soins et des médicaments, tout l’argent gagné grâce à sa parcelle de terre et il a dû vendre un bœuf et des moutons.

Une femme en compagnie d'une fillette

La mère et la soeur de Diarga Photo : Radio-Canada/Marie-France Abastado

Si ni l’OIM ni l’ONG La lumière ne sont responsables de tous les malheurs qui se sont abattus sur lui et sa famille, son histoire soulève tout de même des questions sur le type d’aide apportée aux migrants de retour, quand ils en reçoivent.

Faut-il tout miser ou presque sur des projets individuels, alors qu’une malchance peut venir tout balayer? Mame Thierno Aidara en convient, la question mérite d’être posée. Et même si son organisme finance aussi des projets communautaires, il croit qu’il en faudrait davantage, de plus grande envergure et avec des financements à plus long terme.

Nous, on pense à la formation professionnelle. On pense également à un complexe agricole. Si on pouvait en avoir un avec toutes les commodités, avec des ressources et de la main-d’œuvre, ce serait vraiment l’idéal. Et aussi, il faudrait un véritable système de maîtrise de l’eau.

Meme Thierno Aidara, chef de l’ONG La lumière
Mame Thierno Aidara interviewé par Marie-France Abastado

Mame Thierno Aidara Photo : Radio-Canada/Érick Gnimadi

Bientôt, l’ONG La lumière fera un appel d’offres pour le financement d’une trentaine de projets, mais c’est sûr, elle ne pourra répondre aux besoins de tous les rapatriés de retour.

De son côté, l’Organisation internationale des migrations (OIM) travaille avec la Direction générale des Sénégalais de l’extérieur pour voir comment impliquer les autorités locales du Sénégal dans le processus de réintégration.

Pendant ce temps, Khadri attend toujours dans son village de Saré Bourang qu’on lui apporte de l’aide à lui et aux 317 migrants de retour avec lesquels il a formé son association. Il regrette amèrement d’être parti et surtout, il essaie de décourager tous les jeunes qui seraient tentés de se lancer dans cette aventure de ne pas le faire. Lui-même a trop perdu : outre ses biens, sa femme l’a quitté.

Parce que j’ai échoué en Libye, ma femme m’a fui. Je suis revenu bredouille. J’ai essayé de lui expliquer, mais elle n’a rien entendu, elle a pris ses bagots et elle est partie.

Khadri Diallo, un migrant rapatrié

Diarga Baldé, lui, est mort quatre jours après notre passage dans son village, probablement d’une hépatite B fulgurante. Il avait 28 ans.

LeBron James a eu le dernier mot contre Indiana au premier tour des playoffs NBA

Auteur de 45 points dans le match 7 ce dimanche, le meilleur joueur de la Ligue a qualifié Cleveland en demi-finale de la conférence Est (105-101).

Non, LeBron James n’a pas disputé son dernier match avec les Cavs. En attendant d’en savoir plus sur son avenir, « l’élu » a prolongé la saison avec Cleveland puisque le septième et dernier match de la série face à Indiana a tourné à l’avantage des Cavaliers, ce dimanche au premier tour des playoffs NBA (105-101). Jamais battu en carrière à ce stade de la compétition, James a, une fois de plus, guidé les siens.

Le triple champion NBA n’avait jamais connu non plus de match couperet au premier tour. Histoire d’éviter la mauvaise blague, et de porter à 13 son nombre de qualifications consécutives en entame de playoffs, LeBron James a inscrit 45 points, capté 9 rebonds et délivré 7 passes avec un pourcentage impressionnant au shoot (16/25). Un chantier commencé tambour battant puisque le « King » a rentré ses sept premiers tirs pour culminer à 26 points marqués dès la pause.

Face à Victor Oladipo (30 points et 12 rebonds), LeBron James a aussi trouvé un peu de soutien, enfin, avec 14 unités pour Kevin Love, 15 points et 10 rebonds pour Tristan Thompson, 11 points pour JR Smith ou encore 11 unités pour George Hill. Au prochain tour, les Cavs défieront les Toronto Raptors, leaders de la conférence Est à l’issue de la saison régulière. Si les Canadiens auront donc l’avantage du parquet, la franchise de l’Ohio a encore le meilleur joueur du monde avec elle.