Film: Snakehead Terror en Francais

A Cultus, petite ville du Maryland, la vie s’écoule paisiblement autour d’un immense lac. Et c’est justement du lac que surgit une menace terrible : des prédateurs aquatiques qui sous l’effet d’hormones … Film d’épouvante américain de Paul Ziller

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Pourquoi les femmes sont-elles plus petites que les hommes?

Les chercheurs s’interrogent: comment est née la toute première inégalité de traitement de l’histoire?

Grand et petite | Adege via Pixabay CC License by

Régime et sélection sexuelle?

Pourquoi en l’affaire, on s’en fiche un peu que ce soit comme ça chez les chimpanzés? Parce que les fossiles qu’on a trouvés de nos ancêtres montrent ce qu’on appelle un dimorphisme sexuel (la différence mâle/femelle) faible. Il semblerait qu’au Paléolithique (on parle ici d’une époque allant de il y a 2,5 millions d’années à 12.000 ans), l’évolution tendait plutôt à atténuer les différences mâles/femelles.

En outre, le système gestationnel humain (dans la plupart des cas, un seul bébé par utérus pendant plusieurs mois) nécessitait que les femmes soient robustes. Mais à un moment, l’écart de taille des femmes et des hommes s’est creusé. Et on n’a trouvé aucune raison dans l’évolution naturelle pour l’expliquer. C’est pourquoi on a envisagé des causes non «naturelles».

À l’heure actuelle, on penche pour, à la fois, une sélection sexuelle qui aurait éliminé les femmes les plus grandes (mais pourquoi?) et un régime alimentaire moins riches pour les femmes. C’est certes une hypothèse –ça se trouve dans dix ans elle sera infirmée– mais pour l’instant, c’est la plus pertinente.

Une révolution

La question est hyper intéressante parce qu’on pense que l’inégalité de traitement femmes/hommes a sans doute été la première de l’histoire et qu’elle a entraîné les suivantes.

Or, la survie des groupes au Paléolithique nécessitait la coopération pour lutter ensemble pour la survie. L’égalité aurait été un avantage évolutif dans les premières sociétés humaines. Attention, il y avait peut-être, sans doute, des inégalités, on n’en sait rien (et en plus vu les échelles de temps, ça a sûrement changé selon les époques) mais ce qu’on sait c’est que les inégalités se sont dramatiquement accentuées et institutionnalisées par la suite.

Et la suite, c’est le Néolithique (qui prend fin vers -3.300 ans avant J.-C.). Le moment de l’agriculture et de la domestication. Le Néolithique, c’est la plus grande révolution humaine. Avant, on faisait partie intégrante de la nature, on prélevait dans notre environnement ce dont on avait besoin. À partir du moment où on cultive et on domestique, on modifie l’environnement, et on domine la nature. On s’élève au-dessus, on devient maître et propriétaire. Le changement est radical.

Le culte de la virilité

 

Au début du Néolithique, les archéologues notent qu’il existe peu de différence entre les tombes. Mais à partir de -4.500 ans, on trouve des tombes de riches (dans 90% des cas des tombes d’hommes) et des tombes beaucoup plus pauvres. Pour l’historien Jean-Pierre Demoule, c’est à cette époque que se met en place le culte du chef et de la virilité. Avant, les représentations humaines sont surtout des représentations de femmes. À partir du Néolithique ce sont des hommes.

On sait aussi qu’avant les femmes avaient un enfant tous les 3 ou 4 ans, à partir du Néolithique, le rythme s’accroît jusqu’à un enfant par an –ce qui évidemment implique un changement notable pour l’existence de ces femmes. On trouve à la même époque beaucoup plus de traces de conflits armés.

Mais aucun de ces éléments, même le régime alimentaire moins riche des femmes ne répond à la question de fond: pourquoi s’est mise en place cette inégalité première? Dans les réponses qu’on faisait à Nora (avec pas mal d’agressivité) j’ai souvent lu ça:

«On voit mal comment les hommes auraient pu s’arroger le gros de la nourriture. Pour ça, il fallait qu’ils eussent déjà une supériorité physique sur les femmes.»

Cosmologie

 

En gros, il y aurait eu domination par la force parce qu’il y avait une supériorité physique biologique. Alors non. Pas forcément. Alain Testart dans L’Amazone et la cuisinière propose une explication d’ordre plus cosmologique liée à des croyances sur le sang des règles. (Grosso modo: celles qui saignaient ne pouvaient pas faire couler le sang des animaux parce qu’il fallait séparer ce qui se ressemblait.)

Un système de croyances et de mythes a pu légitimer la mise en place d’un traitement différent des femmes fertiles. Il ne s’agit pas d’un grand complot de domination mais de croyances auxquelles les femmes elles-mêmes pouvaient adhérer, sans qu’on leur donne un grand coup de gourdin dans la gueule. Ce qui valide aussi l’idée qu’il n’y avait pas besoin d’une supériorité physique a priori.

 

Regarder du porno dans l’avion ou le train, un plaisir sans conséquences?

L’imaginaire pornographique regorge de séquences «voyeur» ou «public exhib», dans l’avion ou le train. Mais nous, spectateurs, pouvons-nous mater impunément une production Dorcel le temps d’un trajet?

Porn on board | Ryan McGuire via Pixabay CC0 License by

Filmé à l’arraché, un couple s’enlace sur le siège d’un avion ou d’un train. Baisers et effeuillement s’enchaînent furtivement, la nécessité de rester discret étouffant la fièvre des corps. L’excitation de la situation n’éclot pas de la frénésie, mais des temps morts d’un «coitus interruptus» –quand l’attention oscille du partenaire aux ébruitements des couloirs, là où passagers ou personnel risquent à tout moment d’apparaitre. Variante du genre: la «public masturbation» en solo, plaisir solitaire qui s’éternise au détour d’un siège.

Ce type de scènes, la pornographie en regorge. S’envoyer en l’air (littéralement) ou prendre un express vers l’extase est un must have des tubes porno, perpétué au fil des productions amateur misant tout sur l’effet de mimesis.

La fantasmatique porn 2.0. des avions et trains est si démocratisée que, par le passé, certaines lignes de transports majeures n’ont pas hésité à l’assumer. Rappelez-vous, il y a six ans de cela, la drôle d’idée de Michael O’Leary, tête de gondole de Ryanair: proposer un service de streaming porno (accessible sur support portable via une appli téléchargeable).

Plus amusant encore: en 2014, la SNCF essuyait un bad buzz des plus hardcore en détournant les codes graphiques des sites pour adultes afin de promouvoir ses tarifs préférentiels –une malheureuse tentative de séduire une jeune audience…

Mais ces diverses transgressions et maladresses ne répondent pas à la question qui nous brûle les lèvres: quels risques encourt-on, au juste, à visionner du porno dans l’avion et le train?

Microphénomène

«Lorsque les personnels navigants commerciaux constatent qu’un passager visionne un film pornographique sur un écran personnel (ordinateur, tablette, téléphone) alors qu’un autre passager à proximité est également en mesure de voir son écran, il est demandé au passager de cesser le visionnage», nous explique Air France à l’autre bout de fil.

Généralement, nous assure-t-on, le passager éteint son écran sans causer le moindre esclandre –embarrassé et pris au dépourvu, on l’imagine, tel un ado libidineux qui verrait la porte de sa chambre ouverte par sa mère. Ce type de comportement n’a quasiment jamais été signalé au fil des rapports de vol: «c’est un microphénomène». De fait, lancer le climax d’une vidéo type «Strip-tease de Clara Morgane en hôtesse de l’air» (au hasard) au gré d’un voyage Air France, compagnie qui ne propose pas de films X à bord, ne vous condamne à rien… ou presque.

La teneur pénalement répréhensible de l’acte dépend des circonstances. Si le passager en visionne à proximité d’un mineur, «les personnels navigants commerciaux font cesser le visionnage et signalent ce comportement aux services de police en vue d’une intervention à l’arrivée du vol», ajoute Air France. Une procédure qui respecte l’article 227-24 du Code pénal, selon lequel «le fait de fabriquer, transporter, diffuser par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support un message à caractère pornographique» au sein d’un contexte impliquant des mineurs est punissable de trois ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende.

Feuilletez un magazine cochon ou un roman porno, idem: si des enfants sont dans les parages, votre attitude sera considérée comme une provocation et une mise en danger.

«C’est ce que l’on appelle les “passagers disruptifs”, ou “disruptive passengers”: les comportements inadéquats», détaille un responsable d’HOP !, compagnie aérienne filiale d’Air France, nous précisant que le commandant de bord et la brigade de gendarmerie du transport aérien (BGTA) sont averties en cas de contact avec des mineurs. «Si le contexte est aggravant, l’avion peut être détourné vers l’aéroport le plus proche», nous dit-on au téléphone.

Parmi ces contextes dont on tait le nom, le premier qui nous vient à l’esprit s’est largement répandu dans l’imaginaire X: l’exhibitionnisme. Une atteinte à autrui passible de sanctions et de poursuites judiciaires, aussi bien observée en plein vol… qu’au gré des couloirs de votre TGV.

«Si le fait de regarder une vidéo pornographique n’est à l’heure actuelle pas interdit dans un train, ce n’est pas le cas de la plus courante des situations: celle des exhibitionnistes, qui visionnent et se masturbent en même temps», note ainsi la SUGE Montparnasse, service de surveillance générale de la Sûreté ferroviaire. Dans le cas de cette infraction sexuelle, délit prévu par l’article 222-32 du Code pénal, l’interpellation est directe et la sanction sévère: un an d’emprisonnement et 15.000 euros d’amende.

Bref, le visionnage de «messages à caractère pornographique» tombe généralement sous le coup de la loi dans les situations d’exhibition ou de pédopornographie, délit passible de cinq ans de prison et de 75.000 euros d’amende, selon l’article 227-23 du Code pénal.

Face à un tel contexte, il nous semble bien loin, cet imaginaire fétichiste et désuet pour films érotiques soft, traversé d’hôtesses de l’air et de stewards sexy.

Atteinte à la liberté sexuelle d’autrui

À l’image des tags qui traversent cette fantasmatique globale dans le monde pornographique –fetish, public, voyeur, flight fuck–, on pourrait facilement résumer la problématique à quelques mots bruts et en finir là. Mais la situation est plus ardue à définir.

Inchangée depuis l’arrêt du Conseil d’État du 13 juillet 1979, la définition légale de la pornographie différencie celle-ci de l’érotisme par le simple fait de représenter une activité sexuelle non simulée.

Imaginons alors que, cinéphile émérite, je me mette à visionner un drame cru de Catherine Breillat, un opus de Nymphomaniac ou le controversé Baise-moi de Virginie Despentes. Suis-je dès lors hors la loi, si je profite d’un trajet au sol ou en l’air pour satisfaire mes besoins cul-turels?

«Peu importe le support (vidéo, livre etc), c’est l’image qui compte», nous affirme la SUGE Montparnasse. Mais quelle image au juste? «Disons que si je visionne le film de Lars Von Trier, la notion de durée entre en compte: si je fais perdurer le visionnage sur les scènes très ou trop explicites, l’intention masturbatoire devient tout de suite plus évidente», s’accorde à dire Mikaël Benillouche, maître de conférences en droit pénal à l’Université Jules Verne de Picardie.

Mais en serait-il de même si je feuilletais avec érudition un livre de photographies de Jeff Koons? Le simple visionnage de contenus pornographiques incite à redéfinir plus précisément ce qu’est le porno, à l’heure où celui-ci s’est totalement démocratisé. Il semble curieux de se référer à une définition datant de la glorieuse époque où les VHS pénétraient encore les magnétos.

Mater un porno dans l’avion ou le train, c’est ébranler les définitions que l’on accorde aux actions les plus réprimandables. Ne pourrait-on par exemple pas parler d’exhibitionnisme dès qu’il s’agit de dévoiler sur l’écran de son ordinateur des corps surexcités, embranchés, en action?

Si selon Mikaël Benillouche «cela peut être considéré comme une forme d’exhibition sexuelle»l’article 222-32 du Code pénal nous rappelle pourtant que l’exhibition sexuelle consiste à (se) dénuder… et non à montrer.

Derrière ce fait, une nuance de poids: l’intention doit l’emporter sur l’excitation.

«Pour que la finalité pénale soit conséquente, la simple négligence ou imprudence ne rentre pas en compte: il faut vraiment que les juges décèlent la volonté d’imposer ce spectacle à la vue d’autrui, dans un but d’excitation ou d’incitation… Mais dans quelle mesure peut-on conclure que le passager en question viole consciemment notre consentement de spectateur?», s’interroge à juste titre l’enseignant en droit.

Une libre interprétation qui exige d’employer le bon lexique. Si les risques pénaux sont finalement très minimes voire inexistants, le plus important est de comprendre ce que le dévoilement de contenu X signifie réellement: «Pas seulement une potentielle atteinte à la protection des mineurs, mais à la liberté sexuelle d’autrui: une forme d’attentat à la pudeur», nous affirme Mikaël Benillouche.

Suite: Slate.fr

Le porno trans* en pleine ébullition

Confinée à l’invisibilité pendant des décennies, la communauté trans* revendique aujourd’hui une place dans l’industrie du X, loin du cliché de la «shemale» auquel le porno mainstream semble vouloir la réduire.

Malgré le fossé flagrant qui existe entre le sexe mis en scène dans le porno et le sexe «dans la vraie vie», l’industrie du X reflète bien souvent les inégalités qui subsistent dans nos sociétés, que ce soit à travers le rôle passif assigné d’office aux personnages féminins ou l’omniprésence de corps blancs et cis. Marginalisées au quotidien, les personnes trans* le sont également à l’écran.

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Longtemps invisibles dans l’imagerie pornographique, il aura fallu attendre les années 1970 pour que les premières femmes trans* fassent leur apparition dans l’industrie du X aux États-Unis et la fin des années 1980 pour qu’un homme trans*, Les Nichols, soit enfin représenté à l’écran, grâce l’intervention de l’activiste sex-positive Annie Sprinkle. Leur film, A Female-to-Male Transexual Love Story, est toutefois resté confidentiel, comme continue de l’être la transidentité au masculin dans la pornographie.

Poitrine surgonflée, pénis imposant

Les trans* FtM (acronyme de «female to male») restent en effet sous-représentés dans le porno traditionnel, alors que les trans* MtF («male to female») sont devenues un classique de l’imagerie mainstream à travers la figure de la «shemale» (contraction des mots «she» et «male»): une femme ultra-féminine, dotée d’une poitrine surgonflée et d’un pénis imposant, dont le rôle consiste avant tout à pénétrer vigoureusement ses partenaires.

Plus de 23.000 vidéos sont disponibles sous l’étiquette «trans» sur YouPorn et 22.000 dans la catégorie «transsexuelles» sur la version française de PornHub. Et selon les chiffres rendus publics cette année par le site de streaming canadien, le tag shemale fait partie du top 20 des catégories les plus consultées en 2016.

 

«L’industrie porno sursexualise les trans* à travers de la figure de la femme avec un pénis. C’est la figure récurrente et hégémonique du porno trans* fait par des non-trans*», observe la chercheuse française Karine Espineira, spécialiste du traitement médiatique de la transidentité et cofondatrice de l’Observatoire des transidentités.

Conçu pour satisfaire la curiosité et les fantasmes d’un public majoritairement masculin et hétérosexuel, cet archétype de la shemale en dit long sur le regard fétichisant, exotisant que portent nos sociétés et l’industrie du X sur la transidentité au féminin.

Les scènes dans lesquelles jouent des actrices trans* sont d’ailleurs presque toujours basées sur le même motif, le fameux «effet de tromperie», comme le fait remarquer Karine Espineira. En résumé: «Cette “femme” n’est pas “une vraie femme” bien qu’elle puisse passer pour “plus femme que les femmes”. Et de plus, elle n’est pas opérée et elle se sert de son sexe».Résultats de recherche d'images pour « picture porn ebony transexual »«À l’heure actuelle, les représentations “acceptables” et “montrables” centrent le sujet sur la réassignation et l’hétérosexualité.»

Karine Espineira

En assignant les performeuses trans* qui n’ont pas subi de vaginoplastie à faire systématiquement usage de leur pénis en pénétrant leurs partenaires, l’industrie du X en fait des femmes à part, leur refusant le rôle uniquement passif qu’elle attribue généralement à leurs consœurs cis.

Comment ne pas voir dans ces représentations, en filigrane, une injonction à la binarité et à l’hétérosexualité?

«À l’heure actuelle, les représentations “acceptables” et “montrables” centrent le sujet sur la réassignation et l’hétérosexualité», observe Karine Espineira. «C’est un peu comme si se faire opérer permettait dans un premier temps à la personne trans* d’avoir une sexualité, et dans un second temps que cette sexualité soit hétérosexuelle.»

Buck Angel, «l’homme avec une chatte»

Quid des hommes trans*? Ils sont et restent les grands absents du porno mainstream. À l’exception de Buck Angel.

Pionnier et héros de la communauté trans*, cet Américain de 45 ans s’est lancé au début des années 2000 dans le domaine du X en se faisant connaître comme «the man with a pussy»:

«À l’époque, il n’y avait quasiment pas de représentations d’hommes ayant un vagin. Il y avait par contre des femmes avec des pénis. C’est comme ça que j’ai eu l’idée de me lancer dans le porno en tant que “Buck Angel, l’homme avec une chatte”, en proposant l’exact opposé», explique-t-il.

Avec son corps musclé et tatoué, patiemment sculpté en salle de muscu, son torse poilu et dépourvu de seins –après masectomie– le performeur joue lui aussi sur l’effet de surprise dans les centaines de scènes qu’il a tournées. Un choix délibéré et libérateur qu’il peut se permettre, puisqu’il produit, réalise, joue et distribue lui-même une grande partie de ses contenus. Il a même lancé récemment une gamme de sextoys destinés aux hommes trans* qui, comme lui, ont conservé leur vagin.

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Bien qu’il soit devenu l’étendard d’une partie de la communauté trans*, Buck Angel ne cache pas qu’à l’origine, il s’agissait uniquement d’un business: «Au départ, c’était seulement pour gagner de l’argent. En tant que businessman, je voulais créer un nouveau marché», confie-t-il. Mais face à l’absence criante de représentations variées et inclusives de la transidentité dans l’industrie du X, Buck Angel a changé de posture vis-à-vis de sa carrière d’acteur porno trans*: «Aujourd’hui, j’estime que ce que je fais est politique. Je suis un activiste sexuel, je fais de l’éducation sexuelle».

Sa plastique avantageuse a évidemment joué un grand rôle dans son succès et lui a permis d’accomplir une mini-révolution dans le domaine du porn mainstream, en touchant un public bien au-delà de la communauté trans*. La porn star californienne a d’abord conquis un public masculin gay, et compte aujourd’hui des hommes hétérosexuels et des femmes parmi ses fans.

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Une industrie du X transphobe et mercantile

À une industrie du X encore et toujours phallocentrée, Buck Angel oppose l’image d’un «vagin puissant», comme il le dit lui-même. Il se met en scène aussi bien dans des rôles actifs que passifs, explosant par là le dogme de la binarité. Il a longtemps été seul à occuper ce terrain.

«La pornographie est un monde imaginaire fait par des hommes blancs et cis qui sont là pour faire de l’argent. Il ne s’agit pas de créer un espace où nos voix peuvent être entendues, mais d’un business. »

Buck Angel

Il estime que la sous-représentation des hommes trans* dans le porno mainstream tient en partie à la communauté trans* elle-même:

«Je ne pense pas que la plupart des hommes trans* se sentent parfaitement bien dans leur corps. Faire du porno demande beaucoup de confiance en soi, pour partager son corps avec le monde.»

Mais il souligne également le caractère transphobe et mercantile de l’industrie du X:

«La pornographie est un monde imaginaire fait par des hommes blancs et cis qui sont là pour faire de l’argent. Il ne s’agit pas de créer un espace où nos voix peuvent être entendues, mais d’un business. Ils s’en foutent. C’est pourquoi nous avons besoin de créer notre propre espace, notre propre marché.»

Nouvelle génération

Ces dernières années pourtant, une jeune génération de performeurs trans* lui ont emboîté le pas dans un esprit DIY [«Do It Yourself», ndlr]. À l’instar du Californien James Darling, qui a créé sa propre plateforme de streaming de porno gay trans*, FtmFucker, et qui était entre autres à l’affiche du Porn Film Festival de Berlin en 2015.

Parmi les autres noms qui ont le vent en poupe, le New-Yorkais Cyd St Vincent, lui aussi spécialisé dans le porno gay avec sa société de production Bonus Hole Boys basée à San Francisco, le performeur californien Viktor Belmont ou encore le performeur français basé à Berlin Kay Garnellen, devenu une figure incontournable du porno queer et du post-porn.

De la même façon que Buck Angel a ouvert une brèche en montrant que d’autres représentations des corps et des sexualités trans* étaient possibles, des actrices et activistes trans* s’attèlent également à changer l’image des femmes trans* dans l’industrie du X.

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Comme la Canadienne Luna Loveless: elle a créé en 2017 la plateforme de streaming TSNaturals, qui a pour particularité de ne proposer que des contenus dont les actrices trans* n’ont pas subi d’opérations chirurgicales lourdes –telles que la pose de prothèses mammaires ou la reconstruction faciale–, le but étant «d’aider à introduire l’androgynie dans le porno mainstream», comme on peut le lire sur le site de sa société Magenta Productions. Luna Loveless entend ainsi «représenter des personnes trans*, spécifiquement des femmes trans*, sur lesquelles l’industrie [du X, ndlr] est surtout axée, d’une manière plus saine et plus réelle».

Instantané de la sexualité queer

Une autre étoile montante du porno trans* est l’actrice et productrice queer Chelsea Poe. À seulement 26 ans, la Californienne réalise et produit ses propres films; elle peut également compter sur l’appui de deux sociétés de production mythiques dans le domaine du porno queer, Trouble films et Pink & White Productions.

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«En offrant une vision sex-positive des femmes trans*, on peut supprimer certains des tabous qu’il y autour de nous et de nos corps, même si cela peut aussi conduire à créer des standards irréalistes à l’instar des standards de l’industrie de la mode», estime Chelsea Poe, longs cheveux auburn et corps gracile jamais passé sous le bistouri. Consciente de son rôle d’ambassadrice d’un porno queer à des années lumières des clichés sur les femmes trans* du porno classique, la jeune femme revendique aussi une vision documentaire:

«J’essaye de représenter les personnes queer et trans* de la façon la plus authentique possible dans mon travail, avec le souhait que dans 10, 25 ou 50 ans, les gens puissent regarder mes film et voir à quoi ressemblaient les personnes queer, comment elles s’exprimaient et comment elles baisaient en 2017. Je veux offrir un instantané de ce à quoi ressemble la vie queer en ce moment.»

Signe que les lignes entre mainstream, DIY, cisgenre et transgenre commencent doucement à bouger: les films de Chelsea Poe sont désormais également distribués par Trenchcoatx, la plateforme de streaming de l’ancienne star du X Stoya.

Elle fait également partie des actrices de TransSensual, un site entièrement dédié au porno trans*, qui a ouvert ses portes en 2015 à l’initiative de la femme d’affaires américaine Nica Noelle, spécialisée dans le domaine du X.

Le site joue certes à fond la carte de la «shemale» en vantant les «big tits» et les «hard cocks» de ses vedettes, mais il laisse tout de même place à d’autres performeuses aux corps et aux pratiques sexuelles différentes, ainsi qu’à quelques rares hommes trans*, tels que Buck Angel et Viktor Belmont.

Potentiel subversif

En créant une pornographie diversifiée, égalitaire et body-positive en marge d’une industrie du X qui a jusque là ignoré ou réduit les trans* à des stéréotypes peu valorisants, cette nouvelle génération de pornographes activistes donne non seulement une visibilité à la communauté trans* dans le domaine du porno, mais elle élargit également le champ des possibles sexuels de leur public –qu’il soit trans* ou cis.

«Les frontières sont toujours poreuses et dans un domaine tel que le porno, les imaginaires et les pratiques circulent et se contaminent les unes les autres», estime la chercheuse et militante queer italienne Rachele Borghi, spécialiste du porno queer et du post-porn.

«La pornographie produite et diffusée par des personnes trans* introduit une confusion des genres. Elle dépasse les déterminismes biologiques, la binarité des identités vécues et ressenties.»

Rachele Borghi

En bousculant les genres, en réinventant les rôles, le porno trans* met en évidence les limites du porno traditionnel: «La pornographie produite et diffusée par des personnes trans* introduit une confusion des genres. Elle dépasse les déterminismes biologiques, la binarité des identités vécues et ressenties», estime Karine Espineira.

Ce qui confère au porno trans* un potentiel subversif vis-à-vis de l’étroitesse d’esprit du porno classique: «L’idée qu’à telle identité (homme ou femme par exemple) correspond une sexualité (homo ou hétéro), qu’à tel sexe (l’organe) correspond telle fonction (pénétrant ou pénétré par exemple) part en éclats», poursuit la chercheuse. «La grille de lecture de la sexualité se complexifie et il devient impossible de qualifier cette sexualité, car elle ringardise les catégories mainstream.»

Big Black Cock: «Interracial», le symbole du racisme qui hante l’industrie pornographique

En réduisant l’acteur noir à sa «Big Black Cock» et en lui assignant systématiquement le rôle du voyou, le tag «interracial» prouve que le monde du X ne s’est pas encore débarrassé de son racisme.

XXX | Tim Parkinson via Flickr CC License by

Girlfriend Addicted To BBC» [Big Black Cock, ndlr], «Tiny Blonde takes biggest interracial black cock!», «Curvy blonde gets her holes stretched by big black cock», «Petite Teen Destroyed By Two Monster Cocks»… Parfois, les mises en scène que nous propose le porno 2.0. excitent autant qu’elles dérangent.

De toutes les problématiques qui traversent l’industrie du X, la plus frappante, la plus graphique surtout, se résume à quelques syllabes: interracial. Une catégorie très prisée sur les plateformes de vidéos pornographiques, qui révèle un imaginaire au racisme aussi explicite que les corps fiévreux et musclés qui s’y déchaînent sous nos yeux.

Idées noires

Contrairement à ce que son nom laisse à penser, rien de très melting pot dans l’interracial. Mais des vagues de vidéos dites de «Black on Blondes», où d’athlétiques hommes noirs s’en prennent à de jeunes actrices blanches et blondes. Ces scènes, des prods comme Black Screws Blondes en jettent à la pelle.

Sachez-le, l’interracial n’a rien de multiracial, comme le titrait récemment le Los Angeles Weekly. En une vaste confusion identitaire, se souciant peu de l’origine réelle des acteurs, l’industrie taille du tag à coups de critères physiques et jauge ce qui est «racial» et ce qui ne l’est pas. «J’ai joué aux côtés d’Asiatiques et de Mexicains… avant de tourner ma première scène “interraciale!”. Ce terme est stupide», décochait l’actrice Keisha Grey en 2015. Contresens avoué dès son intitulé, l’interracial est un monde fermé sur lui-même, un tag aux frontières ardues à ébranler.

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Côté Hexagone, difficile d’oublier la «pornographie éthnique» de CitéBeur.com, où des blacks cagoulés s’encanaillent au détour d’un HLM. Dans ces décorums glauques de cités qui crackent, Noirs et Arabes sont réduits à l’état de racailles à la garde-robe rudimentaire.

De l’autre versant de l’Atlantique, les productions Dogfart Network font carrément office de cas d’école, parcourues par des personnages hauts en couleurs qu’on penserait tout droit sortis d’un clip de rap désuet ou de GTA: San Andreas: lunettes noires, blousons de cuir, chaînes en or, casquettes à l’envers. Ne manquent plus que les pétoires chromées dans le short pour avoir l’attirail parfait.

Le lifestyle gangsta se conjugue automatiquement au doggystyle [levrette, ndlr]. L’expression «gang bang», sexualité groupée inséparable de productions comme Loads of Black ou Club West Coast, retrouve tout son sens à travers ces mauvais pastiches des films de ghettos américains des années 1990, toujours à deux doigts de l’autoparodie crasse.

Violence des représentations sociales

Là, la violence des corps ne fait qu’une avec celle des représentations sociales. La pornographie a beau impliquer les acteurs noirs dans des séquences de double pénétration ou de sexe anal hardcore (pas le temps pour la tendresse), le plus trash se produit au niveau des stéréotypes, et non des performances physiques.

«On accole à l’acteur porno noir un côté ghetto et bandit, moins habitué aux demeures bourgeoises qu’aux repères de fumeurs de crack», nous explique Jean-Raphaël Bourge, doctorant en science politique à l’Université Paris 8, spécialiste des sexualités et de la pornographie féministe. Les vidéos de Devils Gangbangs ne nous proposent que cela: un monde ultra-thug où le straight ass fucking, comprendre la sodomie brutale, est la principale forme de sexualisation de bandes de loubards portant bandanas et tatouages.

«Imagine un personnage menaçant, agressif […] qui pourrait très bien ne rien dire du tout et se contenter de baiser […]: le Noir dans le porno c’est ça, une place rarement valorisante.»

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Joss Lescaf

L’interracial est un nid que Joss Lescaf connaît sur le bout des doigts. Suite à son envol aux States, ce charismatique acteur français a croisé la route du photographe et cinéaste Greg Lansky, autre français exilé à la Cité des Anges et iconique pourvoyeur de productions du genre: à travers sa chaîne «Blacked», lancée en 2014 et depuis récompensée par pas moins de quinze AVN Awards (les Oscars du X), cet esthète recycle l’iconographie du «Black on Blondes» mais adoucit le tout en l’habillant d’une photographie très léchée, à l’élégance implacable.

Sous la direction de Lansky, Lescaf, touche à tout passé de Marc Dorcel à Jacquie & Michel, se dit entre de bonnes mains –et pas simplement parce qu’il côtoie des starlettes comme Lena PaulBrandi Love ou Lennox Luxe. Non, cela lui permet surtout de fuir ces jeux de rôles tonitruants qui hantent l’autoproclamé porno «de races».

«Imagine un personnage menaçant, agressif, à la limite de la maltraitance, parfois quasi muet, qui pourrait très bien ne rien dire du tout et se contenter de baiser, dans les bois, dans une cave, en anonyme: le Noir dans le porno c’est ça, une place rarement valorisante», nous décrit-il.

Bref, l’homme noir est une ombre: il effraie et ne dit rien, il ne fait que passer et bander.

Initials B.B.(C)

Dans une vidéo porno, un acteur noir est avant tout un corps. Baraqué, imposant. «Le corps de l’homme noir est hypersexualisé. C’est un objet de désir, un épouvantail –un corps noir n’est jamais neutre», analyse l’auteur Insa Sané dans un épisode du podcast Les couilles sur la table consacré aux «masculinités noires».

Le corps noir n’est pas seulement non-neutre, il est exacerbé: par ses jambes, ses bras…et, cela va de soi, son pénis. Prenons la série «Blacked». S’il délaisse tout un imaginaire gangsta très cheap, Greg Lansky ne se prive pourtant pas d’éclairer comme il se doit la «grosse bite noire»: la Big Black Cock.

L’un des plus spectaculaires épisodes met en scène Julio Gomez. Vous ne le connaissez pas? Vous vous en souviendrez: son sexe fait 36 centimètres. Lorsque l’actrice Alexa Grace (blonde, évidemment) le porte aux lèvres, ce n’est pas son physique harmonieux qui importe au spectateur blanc et hétéro, mais bien le gigantisme de son partenaire.

La mise en branle de l’érection confère progressivement à ces scènes des allures de fantasme anatomique totalement régressif. «On a l’impression de regarder King Kong!», commente Pascale Molinier, chercheuse en psychologie sociale à l’université Paris 13 Villetaneuse et auteure d’un article sur le porno hétérosexuel.

«Ce sexe, c’est tout autant un fantasme viriliste, qui fait bander les mecs, qu’unereprésentation bassement bestiale et animale –comme lorsqu’un gamin s’excite de voir un étalon monter une jument», ajoute cette convertie aux porn studies.

Quelques minutes suffisent pour que l’acteur se fasse voler la vedette par sa Big Black Cock. Certaines chaînes aux blazes bien frappés l’érigent en étendard: «Black Cock Workshiping», «Dick Monsters», «Black Monster Dicks»…Un tag qui à l’instar de BBW (Big Beautiful Woman) confère aux fantasmes le sens de leur (dé)mesure.

Contraste de taille

Si ce sexe nous paraît hypertrophié, c’est parce qu’il est soumis aux mains, bouches et autres orifices d’actrices légères et minces –affublées du sobriquet de «petites» ou de «skinny», voire de teenagers. C’est le cas des vidéos bigarrées de Teens Love Black Cocks et Teens on BBC, où le contraste de taille est saisissant: mastoc du sexe jusqu’aux pieds, l’homme noir s’envoie en l’air avec quelques baby dolls blanches et candides. Ainsi une vidéo issue de la chaîne «My Daughter Fucking A Black Dude» se voit elle titrée (en français): «Petite blonde de 40 kg, prend 30 cm de viande noire bien massive». Tout un programme.

D’une pirouette à l’autre, alors que son sexe domine l’écran, l’acteur noir est privé de son visage. Hors-champs et cadrages bruts le décapitent. Regardez pour vous en convaincre les prods Bang Bros: au bout de quelques minutes d’acte sexuel, le Noir n’a plus de face, seulement une «race» pour le déterminer. Son visage n’est plus filmé: il n’est alors qu’un sexe anonyme, une «enormous dick».

«Un acteur noir dont le sexe fait moins de vingt centimètres, et bien… c’est une petite bite!»

Joss Lescaf

Pour illustrer cet angoisse, contentons-nous de deux mots: glory hole. Le glory hole, c’est cette pratique issue de la culture gay et des clubs échangistes, popularisée dans les peep shows, consistant pour l’homme à introduire son sexe dans un trou, l’offrant à l’initiative du ou de la partenaire derrière le mur. Ce fantasme, les studios Dogfart en raffolent. Car plus le pénis est massif («massive» ou «huge cock» étant l’alpha du champ lexical interracial), plus ce jeu sexuel au cadre légèrement poisseux, se déroulant généralement dans des cabines de toilettes, prend sens. D’où le succès des «trous de la gloire» estampillés «black cock».

Il suffit même d’une simple gorge profonde, gimmick de ce rituel fétichiste, pour que le comédien noir disparaisse totalement.

«Quand tu es un acteur porno noir, tu es obligé d’avoir un physique au-dessus de la moyenne pour rester, pour faire partie de “l’élite” de ce genre-là, nous assure Joss Lescaf, car un acteur noir dont le sexe fait moins de vingt centimètres, et bien… c’est une petite bite!»

Porno postcolonial

Ce porno-là paraît trop gros pour être vrai, pourtant il perdure. Interrogé par Business Insider, la pornstar Mickey Mod fustige les pitchs aléatoires qu’on lui a jeté au visage, du sempiternel rôle du dealer aux situations de pénétration forcée: «La femme est dans sa maison, elle rentre de l’école, et tu rentres chez elle par effraction.»

Pis, qui dit interracial dit intersectionnalité. Une actrice noire ou «ebony» –le tag qu’on lui accole– doit quant à elle s’habituer aux manières vulgos de la gangsta bitch, ou «salope du ghetto», l’inébranlable stéréotype du gonzo.

Dans les vidéos torpillées à la chaîne de Ghetto Gaggers, la «biatch» en question est ainsi destinée aux pratiques les plus hard, du facefucking (une gorge profonde forcée et brutale) au «painal» (l’anal douloureux, le «pain anal»).

La pornstar Nikki Darling le déplore: le porno mainstream est hanté par cette idée selon laquelle «les femmes noires ne sont jamais aussi innocentes qu’une fille blanche et blonde». Sa collègue Janice Griffith, elle, résume tout ce système à une vaste «fétichisation des ethnies».

«Ne vous y trompez pas: ici, ce sont bien la femme blanche, actrice, et le producteur blanc, qui, à destination des Blancs, dominent l’homme noir et l’instrumentalisent.»

Marie-Anne Paveau

Face aux images dont le «porno ethnique» nous inonde, une boîte comme Blacked prend les devants et insiste sur son intitulé: «Interracial Fantasy». Comprendre: tout cela est de l’ordre de l’imaginaire. Oui, mais de quel imaginaire, au juste? «Ces représentations sont celles, typiques, du colonisé: cette iconographie est l’apanage des pays colonisateurs, réduisant l’homme noir, le “nègre”, à un grand pénis», nous répond Pascale Molinier.

Car l’astuce, c’est que dans l’interracial, le mâle dominant n’est pas celui qui redouble d’efforts au sein de la vidéo. Non, il est celui qui la finance ou la mate. «Ne vous y trompez pas: ici, ce sont bien la femme blanche, actrice, et le producteur blanc, qui, à destination des Blancs, dominent l’homme noir et l’instrumentalisent: un personnage qui sous nos yeux devient un objet, un sex toy, une fuck machine», nous assure Marie-Anne Paveau, auteur de l’essai Le Discours Pornographique (La Musardine, 2014).

Jean-Raphaël Bourge lui n’hésite pas à employer les termes qui fâchent: porno post-apartheid, postcolonial. «On est dans une ère post coloniale, sans tiret: la colonisation se poursuit. Ce sont d’identiques rapports de soumission qui perdurent», développe-t-il. Des mots qui n’ont rien de vraiment sexy.

suite http://www.slate.fr/story/155162/porno-tag-interracial-raciste

 

Les femmes sont plus heureuses après 85 ans, quand leur mari est mort

Une étude anglaise montre qu’alors que les hommes âgés et veufs sont plus déprimés, c’est l’inverse pour les femmes.

Grand-mère heureuse | ALEX SANTOS SILVA via Flickr CC License by

Pour une étude, des chercheurs ont posé à 8.000 adultes anglais douze questions sur le bonheur, la dépression, le sommeil, l’anxiété et la confiance en soi. Selon leurs réponses, ils étaient alors classifiés comme ayant ou non des problèmes de santé mentale.

En règle générale, les femmes de tous âges étaient plus déprimées que les hommes, sauf après 85 ans, lorsqu’elles se disaient plus heureuses.

Pour  les 45-54 ans par exemple, 24% des femmes disaient avoir des problèmes de santé mentale, contre 16 à 18% des hommes. Mais après 85 ans, ces problèmes ne concernaient plus que 14% des femmes contre 19% des hommes.

Selon Kate Lovett, une psychiatre du Royal College of Psychiatrists, cette différence vient probablement du poids des responsabilités domestiques, encore majoritairement prises en charge par les femmes. Or ces tâches diminuent lorsque les enfants sont plus âgés et les maris décédés.

«Les hommes célibataires, veufs ou divorcés sont plus susceptibles de faire des dépressions, et les hommes très âgés ont plus tendance à être seuls, explique Lovett.Paradoxalement, les femmes mariées sont souvent plus susceptibles d’être déprimées».

Bien que les femmes soient en moyenne plus déprimées, elles avaient plus tendance à en parler et à demander de l’aide, ce qui peut expliquer que le taux de suicide demeure plus élevé chez les hommes.

Les chiffres les plus inquiétants concernaient les jeunes Anglais, avec 28% des femmes de 16 à 24 ans qui souffraient de problèmes mentaux (contre 16% pour les hommes), et 18% d’hommes et femmes affectés pour les 25-34 ans.

Le nombre de jeunes atteints de maladies mentales a augmenté de 50% depuis 2012, et le directeur de l’association YoungMinds parle de «crise de santé mentale pour les enfants et les adolescents.»